Gabon : Le défi de l’eau

Gabon : Le défi de l’eau

Libreville, Lundi 19 Octobre 2026 (Infos Gabon) – À Ondogo, dans le sixième arrondissement de Libreville, 96 % des 123 logements d’une rue pilote sont désormais raccordés au réseau d’eau potable. Derrière ce résultat encourageant, le gouvernement gabonais affiche une ambition plus vaste : étendre les branchements, rétablir la continuité du service public et corriger les défaillances qui pénalisent depuis des années les ménages et les établissements publics. Mais entre une expérimentation locale réussie et un accès durable à l’eau pour tous, le chemin reste exigeant.

Le samedi 17 octobre, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Olivier Mouckocko, et le porte-parole du gouvernement, Emmanuel Eyeghe Nze, se sont rendus sur plusieurs chantiers consacrés à l’amélioration de l’approvisionnement en eau potable, notamment dans le quartier Ondogo et au lycée technique Omar-Bongo. Cette visite gouvernementale intervient alors que l’accès à l’eau demeure un enjeu essentiel de santé publique, de dignité humaine et de développement économique au Gabon. À Ondogo, les premiers résultats du projet pilote fournissent un indicateur concret.

Sur les 123 logements recensés dans la rue témoin, 96 % seraient désormais raccordés au réseau. Fort de cette avancée, le programme prévoit 3 000 branchements supplémentaires dans le quartier au cours des prochains mois, avant une extension progressive à l’ensemble du Grand Libreville. L’objectif est de passer d’une intervention ciblée à une couverture plus large.

Mais le nombre de branchements ne constitue qu’une première mesure du succès. Pour les habitants, l’enjeu ne se limite pas à disposer d’un raccordement : encore faut-il que l’eau coule régulièrement, que sa qualité soit contrôlée et que le service reste financièrement accessible. D’Ondogo au Grand Libreville, changer d’échelle Le choix d’un site pilote permet aux autorités et aux opérateurs d’évaluer les résultats d’une intervention avant d’en élargir le périmètre.

Le taux annoncé à Ondogo représente ainsi un signal positif, mais il devra être confirmé par des données complémentaires sur la continuité de l’approvisionnement, les délais de raccordement et les difficultés rencontrées par les ménages encore non desservis. Les 3 000 branchements annoncés constituent désormais la prochaine étape. Leur réalisation effective, leur calendrier et la capacité du réseau à absorber la demande supplémentaire seront déterminants pour apprécier la portée du programme.

Une extension rapide sans renforcement suffisant des infrastructures pourrait, en effet, multiplier les raccordements sans garantir une amélioration équivalente du service. Pour le Grand Libreville, la question est donc autant technique que sociale. L’extension de l’accès à l’eau suppose une planification cohérente des réseaux, une maintenance régulière des équipements et une coordination efficace entre l’État et les opérateurs.

Elle exige aussi des indicateurs publics permettant aux populations de distinguer les objectifs annoncés des réalisations effectivement achevées. Au lycée Omar-Bongo, réparer une décennie de difficultés La visite du lycée technique Omar-Bongo met en lumière une autre dimension du problème : la fragilité des équipements dans les établissements publics. Selon les informations communiquées par les autorités, les travaux de réhabilitation ont permis de rétablir l’alimentation en eau de l’ensemble des bâtiments, après dix années de difficultés d’approvisionnement.

Cette remise en service représente un enjeu qui dépasse le fonctionnement matériel d’un établissement scolaire. L’eau est indispensable à l’hygiène, à l’assainissement et à des conditions d’apprentissage dignes. Son absence prolongée peut affecter la vie quotidienne des élèves et du personnel, compliquer l’entretien des locaux et fragiliser les conditions sanitaires.

Le rétablissement de l’alimentation constitue donc une avancée importante. Sa pérennité dépendra toutefois de l’entretien des installations, de la surveillance des équipements et de la capacité à prévenir le retour des pénuries. Après une décennie de difficultés, la véritable réussite sera de garantir que cette remise en service s’inscrive dans la durée.

Le service public jugé sur ses résultats Ces interventions relèvent du programme de reconquête du service public de l’eau potable, conduit par la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), avec l’appui du groupe SUEZ et de l’État gabonais. L’amélioration de l’accès à l’eau figure également parmi les priorités du programme de société du président Brice Clotaire Oligui Nguema. La responsabilité collective est désormais de transformer ces opérations en progrès mesurables à l’échelle nationale.

Cela suppose de publier régulièrement les chiffres des raccordements réalisés, de documenter la continuité du service et de rendre compte des investissements comme des difficultés persistantes. La transparence permettra aux citoyens d’évaluer les avancées et aux décideurs d’ajuster les moyens aux besoins réels. L’eau potable ne peut être considérée comme un simple chantier d’infrastructure.

Elle est un service essentiel dont la qualité se mesure à ce que les populations reçoivent chaque jour, et non uniquement aux résultats présentés lors des visites officielles. Ondogo et le lycée technique Omar-Bongo offrent un premier point d’appui. La prochaine étape sera plus décisive : démontrer que ces avancées peuvent être reproduites, entretenues et étendues sans interruption.

C’est à cette condition que la reconquête annoncée deviendra une amélioration durable des conditions de vie au Gabon. FIN/INFOSGABON/SO/2026 LIRE AUSSI Gabon : BGFIBank, cap sur 2027

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