Sous pression, Macron reconduit Nuñez mais réclame des changements de méthode « face aux casseurs »

Sous pression, Macron reconduit Nuñez mais réclame des changements de méthode « face aux casseurs »

« Impuissance » de l’Etat – La gestion des manifestations est fermement dénoncée par une grande partie de la classe politique et certains maires. A six mois de l’élection présidentielle, l’opposition pointe la responsabilité d’Emmanuel Macron. Le président avait tenté de répondre aux inquiétudes dimanche soir par une allocution solennelle qui a réuni 16,7 millions de téléspectateurs.

Mais faute d’annonce majeure, elle n’a pas calmé les critiques. La gauche lui reproche de rester sourd aux revendications des manifestants, tandis que la droite lui réclame davantage de fermeté. Le maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire a lié les violences à une « forme de pourrissement de ce mouvement social organisé par le gouvernement ».

« Le pouvoir a totalement déserté », a assuré de son côté Jordan Bardella (Rassemblement national) lundi sur Europe 1/CNews. Raphaël Glucksmann, candidat social-démocrate à la présidentielle, a regretté « l’impuissance » du président, jugeant que le « chaos » profitera à la candidate du RN, Marine Le Pen. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon a, elle, épinglé La France insoumise qui porterait « une responsabilité morale et politique dans les violences ».

– Dommages et responsables – Face au choc des violences, le Premier ministre Sébastien Lecornu a ouvert à 10H une cellule interministérielle de crise portant sur les volets « économie-commerce », « assurance » et « suivi judiciaire », selon Matignon. Il doit s’exprimer à l’issue de cette réunion, d’après ses services. Le Premier ministre a par ailleurs été chargé par Emmanuel Macron de réunir partis, syndicats, collectivités et parlementaires.

Jordan Bardella a néanmoins prévenu lundi que ni lui, ni Marine Le Pen ne comptaient se rendre à ce rendez-vous. Lundi, Laurent Nuñez est, pour sa part, attendu à Marseille, où les rassemblements ont été interdits par la préfecture de 12h à 20h. La procureure de Paris, Laure Beccuau, a promis de tout faire pour retrouver les coupables de violences et de pillages, en utilisant par exemple des traces d’ADN ou empreintes qu’ils auraient pu laisser.

Plusieurs responsables politiques ont pointé le rôle des réseaux sociaux dans les violences, comme Gabriel Attal qui a plaidé pour leur « blocage temporaire » là où se déroulent des émeutes. L’Association des maires de France (AMF) appelle, elle, à des rassemblements « à partir de midi » devant les mairies pour dénoncer les « attaques graves portées contre les institutions démocratiques ». La crise française n’est pas passée inaperçue à l’étranger : le président américain Donald Trump a écrit que « la France brûle », estimant que le pays était « brisé » par l’immigration.

© Agence France-Presse Photo de Une/capture d’écran © France Info : de gauche à droite, Laurent Nuñez (ministre de l’Intérieur), Sébastien Lecornu (Premier ministre) et Patrice Faure (préfet de police de Paris, ancien préfet de Guyane de 2017 à 2019), face à la presse après la mobilisation et les pillages du 17 octobre. Ce lundi 19 octobre, Sébastien Lecornu a annoncé avoir demandé aux préfets de « déclencher un certain nombre de couvre-feux » lundi soir qui seront « partiels » et « localisés » afin de protéger notamment les commerces, après un week-end marqué par des scènes de chaos dans plusieurs villes.

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