Mobilisation sociale et violences : quel est le profil des auteurs des dégradations du week-end ?

Mobilisation sociale et violences : quel est le profil des auteurs des dégradations du week-end ?

Samedi, l’immense majorité des 550 000 manifestants – selon les chiffres des autorités – ont défilé de manière pacifique. Mais les affrontements avec les forces de l’ordre, les commerces pillés, les mairies attaquées et les voitures brûlées ont sidéré. L’ultragauche, vraiment ?

À Lyon, une antenne de l’office de tourisme a été saccagée et incendiée samedi par des dizaines de personnes vêtues de noir et masquées. Ces individus s’en sont également pris aux forces de l’ordre. Sur la place de la République à Paris, une population visiblement politisée au vu de drapeaux rouge et noir a adopté des techniques propres aux black blocs pour avancer vers les CRS.

À plusieurs reprises, des individus se sont regroupés de façon très serrée, à l’abri du regard des policiers. Certains ont cassé le socle de la statue de Marianne pour fabriquer des projectiles. Mais parmi les centaines de personnes présentes, toutes ne semblaient pas aussi entraînées.

Certaines couraient dans tous les sens et filmaient parfois en direct sur Tik Tok. Des cibles institutionnelles visées Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, lui, a rapidement pointé du doigt la responsabilité de « la mouvance d’ultragauche ou d’extrême gauche radicale » visant forces de l’ordre, commerces « et surtout en essayant d’atteindre les bâtiments publics ». Les autorités la soupçonnent de s’en être pris aux symboles de l’État.

À Limoges par exemple, la mairie a été ravagée par les flammes. Des individus ont fait irruption dans les mairies ou les préfectures de Marseille, Lille, Angers et Bordeaux pour les vandaliser. « Qu’apportent » les autorités « comme preuves ou indices » pour incriminer l’ultragauche ?, interroge le Pr.

de sociologie à l’Université Paris 8 Michel Kokoreff. Sur le profil des auteurs présumés, il invite à attendre les premières audiences en comparution immédiate. Interrogée sur une affiliation présumée à l’ultragauche de personnes interpellées, la procureure de Paris Laure Beccuau a d’ailleurs appelé à la prudence lundi matin sur TF1 : « Ce n’est absolument pas ce que je peux confirmer en l’état de mes informations.

» « Délinquants d’opportunité » Pour le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, « à partir du milieu d’après-midi » samedi, « des délinquants d’opportunité […] ont profité […] pour s’en prendre à des commerces ». Autour de 16 heures, à Lyon, des jeunes se sont en effet mis à dévaliser les boutiques de l’hyper-centre de la ville, beaucoup en se filmant. Euphoriques, ils partaient en courant dès que la police arrivait, les mains remplies.

Leur cible ? Des boutiques de marque comme Nike et Sephora, de vêtements, comme Salomon et Décathlon, des échoppes de cigarettes électroniques. À Paris, les événements changent aussi de nature, avec des pillages menés par une grande majorité de jeunes, voire très jeunes, beaucoup de garçons, peu de filles, souvent masqués et habillés de noir.

Vers 21 h 30, dans une atmosphère de frénésie générale et en l’absence de forces de l’ordre, une minorité se chargeait de fracasser les vitrines, les autres entraient. « Ils ont ouvert l’Optical center ! » Si aucune fille n’a brisé de vitrine devant elle, dans le secteur de la place de la République, certaines volaient dans des supermarchés ou dérobaient des vêtements.

« Bah je vais les garder, les donner à ceux qui en ont besoin », a expliqué l’une d’elles. « Vous voulez du jus d’orange, Madame ? C’est pas du recel de vol, c’est l’État qui donne », a lancé un autre pillard.

Un homme plus âgé raconte avoir vu une fille repartir avec un bidon de lessive « parce que la lessive ça coûte cher ». « Il s’agit essentiellement de jeunes en provenance de banlieue cherchant des opportunités de pillages », ont affirmé des sources sécuritaires.

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